Résidence et fiscalité au Panama
Le Panama se vend en France avec trois mots : ensoleillé, sans impôt, passeport doré. L’image n’est pas fausse, mais elle est incomplète — et les trous coûtent cher. Ce guide explique les vraies voies de résidence avec leurs seuils et leurs dates, le principe de territorialité, et les trois points qu’aucun vendeur n’évoque : l’exit tax française, la liste des ETNC où figure le Panama, et l’absence de garantie décennale quand vous construisez.
À jour au 30 mai 2026. PMPanama n’est ni conseiller fiscal ni avocat. Ce texte ne remplace pas un conseil personnalisé ; il vous dit ce qu’il faut clarifier avec votre conseiller avant d’acheter.
Le Panama offre plusieurs voies de résidence — la plus connue étant le visa investisseur (à partir de 300 000 USD en immobilier jusqu’au 15 octobre 2026, puis 500 000 USD), le visa Pays Amis du Panama (la France est éligible, à partir d’environ 200 000 USD) et le visa Pensionado pour les retraités (à partir de 1 000 USD de pension mensuelle). Sur le plan fiscal, le principe de territorialité s’applique : les revenus de source étrangère sont en principe exonérés au Panama. Le point décisif pour un Français se situe toutefois non pas au Panama, mais en France — surtout l’exit tax et le statut d’ETNC du Panama, à régler avant tout achat avec un conseiller fiscal.
Quelle voie pour quel profil
Le Panama propose plusieurs programmes de résidence. Trois concernent l’essentiel des acheteurs français, et ils diffèrent moins par le montant que par le rythme, l’engagement et le public visé. Choisir le bon dès le départ évite de bloquer un capital pour rien — ou de découvrir, trop tard, qu’une autre voie aurait mieux convenu.
Visa investisseur (Qualified Investor Visa)
La voie la plus rapide : résidence permanente en quelques semaines, sans phase provisoire. Le seuil immobilier est de 300 000 USD jusqu’au 15 octobre 2026, puis passe à 500 000 USD selon le décret 193/2024. L’investissement doit être conservé cinq ans, avec une preuve annuelle. Qui envisage cette voie a intérêt à finaliser l’achat avant l’échéance : l’écart est de 200 000 USD.
Visa Pays Amis du Panama
La France figure parmi les pays « amis ». La variante immobilière tourne autour de 200 000 USD (ou un dépôt bancaire, ou un lien professionnel) ; deux ans de résidence provisoire précèdent la permanente. Seuil plus accessible, parcours plus long — adapté à qui a du temps et veut préserver son capital.
Visa Pensionado (retraité)
Pour les retraités disposant d’une pension viagère d’au moins 1 000 USD par mois (ou 750 USD avec un bien d’au moins 100 000 USD). Il donne une résidence permanente et des réductions au quotidien. La voie classique des retraités français qui veulent vivre au Panama sans bloquer une grosse somme — en notant qu’elle ne mène pas, en principe, à la naturalisation.
Les trois voies en un coup d’œil
Montants minimaux indicatifs, hors frais annexes et honoraires. Les seuils sont des planchers, pas des budgets complets.
| Programme | Seuil minimal | Parcours | Particularité | Profil |
|---|---|---|---|---|
| Investisseur (QIV) | 300 000 USD* | Permanente immédiate | 5 ans de conservation | Capital disponible, rapidité |
| Pays Amis du Panama | ~200 000 USD | 2 ans provisoire → permanente | France éligible | Préserver le capital, du temps |
| Pensionado (retraité) | 1 000 USD/mois | Permanente | Pension viagère | Retraités, sans grosse mise |
* Seuil immobilier investisseur valable jusqu’au 15 octobre 2026 (décret 193/2024), puis 500 000 USD. Source : cadre réglementaire panaméen 2026.
Le vrai avantage, et sa condition
Le Panama n’impose que les revenus de source panaméenne. Les revenus étrangers sont en principe exonérés — mais seulement une fois la résidence fiscale française correctement clôturée. Le curseur ci-contre illustre le principe, pas votre situation : seul un conseiller fiscal la chiffre.
Illustration du principe de territorialité : au Panama, seule la part de source locale est imposée ; la part étrangère est en principe exonérée pour un résident fiscal panaméen. Ne tient pas compte de la fiscalité française tant que la résidence fiscale française n’est pas clôturée, ni de votre situation particulière.
Ce que la territorialité change vraiment
Le principe est simple à énoncer : le Panama taxe ce qui est gagné au Panama, et rien d’autre. Un loyer perçu à Paris, des dividendes d’une société française, une pension de retraite française — tout cela relève de revenus de source étrangère, en principe exonérés d’impôt sur le revenu panaméen pour un résident fiscal du Panama. À l’opposé, la France impose le revenu mondial de ses résidents fiscaux : tant que vous l’êtes, la territorialité panaméenne ne change rien.
La résidence fiscale panaméenne suppose en général plus de 183 jours de présence par an ou un foyer permanent sur place. Mais attention : obtenir un permis de résidence ne fait pas automatiquement de vous un résident fiscal panaméen, et ne met pas fin, à lui seul, à votre résidence fiscale française. Les deux notions sont distinctes, et c’est précisément dans cet écart que se logent les erreurs coûteuses.
L’avantage réel n’apparaît donc qu’une fois la sortie de France réalisée proprement — au sens des critères de l’article 4 B du CGI (foyer, lieu de séjour principal, activité professionnelle, centre des intérêts économiques). Avant cela, le rêve « sans impôt » reste un rêve. Et la première étape de cette sortie a un nom que les vendeurs préfèrent ne pas prononcer : l’exit tax.
Le point que les vendeurs passent sous silence
Qui détient un patrimoine en titres de société important s’expose, au moment du départ, à l’exit tax (article 167 bis du CGI). En pratique : l’administration peut imposer les plus-values latentes sur les participations comme si elles avaient été cédées au jour du départ — alors même qu’aucun titre n’a été vendu. Pour un chef d’entreprise ou un actionnaire, c’est souvent le poste le plus lourd de tout le projet d’expatriation.
Deux seuils déclenchent le dispositif : un patrimoine en titres d’au moins 800 000 euros, ou une participation d’au moins 50 % dans une société. Pour un départ au sein de l’Union européenne ou de l’EEE, un sursis de paiement s’applique automatiquement. Le Panama n’étant ni l’UE ni l’EEE, ce sursis automatique ne joue pas de la même manière : c’est la raison pour laquelle l’exit tax doit être le premier point réglé, et non le dernier.
Des leviers existent — cession avant départ, donation avant départ, apport-cession, calendrier — mais ils se combinent selon votre horizon et votre situation, et se préparent en amont. Une fois le départ acté, la marge de manœuvre s’est refermée. PMPanama n’est pas conseiller fiscal et ne donne aucun conseil fiscal ; notre rôle est de poser ce point sur la table tôt et clairement, pour que vous le régliez avec un professionnel qualifié avant d’acheter ou de partir.
Une convention existe — et pourtant le Panama reste sur la liste
Contrairement à une idée répandue, la France et le Panama sont bien liés par une convention fiscale : signée le 30 juin 2011, en vue d’éviter les doubles impositions et de prévenir l’évasion et la fraude fiscales, elle est conforme dans ses grandes lignes au modèle OCDE, vise les impôts sur le revenu et inclut une procédure d’échange de renseignements. Sur le papier, cela rassure.
Mais voici le point que peu de vendeurs mettent en avant : le Panama figure toujours, en 2026, sur la liste française des États et territoires non coopératifs (ETNC), codifiée à l’article 238-0 A du CGI. Cette inscription peut déclencher des mesures fiscales de rétorsion et des conditions moins favorables pour certaines opérations réalisées avec le Panama — malgré la convention. Autrement dit, la convention n’efface pas le statut d’ETNC, et les deux coexistent.
Il faut aussi tordre le cou à un mythe : le secret bancaire panaméen d’autrefois n’existe plus face au fisc français. La procédure d’échange de renseignements prévue par la convention, et l’adhésion progressive du Panama aux standards de transparence, font que dissimuler n’est ni l’objet ni une option. Pour le résident honnête qui déclare correctement et clôture sa résidence fiscale française dans les règles, rien à craindre. Pour qui misait sur l’opacité, le Panama est le mauvais endroit — et c’est tant mieux, car c’est cette transparence qui rend un projet durable.
La garantie que vous perdez en construisant au Panama
Si votre projet de résidence passe par la construction d’une maison, il faut connaître un point que la fiscalité ne couvre pas mais qui pèse tout autant. En France, vous êtes protégé par un édifice juridique que vous tenez pour acquis :
Garantie décennale
10 ans, obligatoire pour le constructeur, sur les dommages compromettant la solidité ou la destination de l’ouvrage.
Parfait achèvement
1 an, couvre tous les désordres signalés à la réception ou apparus la première année.
Garantie biennale
2 ans, sur le bon fonctionnement des équipements dissociables.
Dommages-ouvrage
Souscrite par le maître d’ouvrage : répare sans attendre la recherche de responsabilité.
Au Panama, ce filet de sécurité automatique n’a pas d’équivalent direct. Il n’existe pas de garantie décennale obligatoire ni d’assurance dommages-ouvrage comme en France. Concrètement, votre seule vraie protection est le contrôle de la qualité avant la réception — la vérification, au bon moment, que ce qui est coulé, ferraillé et coffré l’est correctement. C’est précisément ce que fait une maîtrise d’ouvrage déléguée indépendante, et c’est pourquoi elle compte plus encore au Panama qu’en France.
Notre maîtrise d’ouvrage déléguée →D’abord le bien, ensuite la fiscalité — c’est le mauvais ordre
L’erreur que nous voyons le plus souvent est une question d’ordre. Un acheteur français a un coup de cœur pour un bien, le sécurise — souvent sous la pression de l’échéance des 300 000 USD — et ne s’occupe qu’ensuite de l’exit tax, de la résidence fiscale et de la structure. Dans cet ordre, la marge pour optimiser la charge fiscale est déjà perdue avant même qu’un conseiller ait été consulté.
Le bon ordre est l’inverse. D’abord, le conseiller fiscal en France établit ce que déclenche le départ et comment l’organiser. En parallèle, nous vérifions le bien envisagé — car il ne sert à rien de parfaire la fiscalité pour échouer ensuite sur un défaut de titre. Ce n’est qu’une fois les deux volets sécurisés que l’on achète. L’échéance d’octobre 2026 est une vraie raison de se hâter sur le bien, mais la hâte sur le bien ne remplace pas la préparation fiscale : les deux avancent ensemble.
C’est pour cela que nous travaillons dès le départ avec le conseiller fiscal et l’avocat du propriétaire, plutôt que d’être appelés après l’achat. Notre indépendance n’est pas ici un slogan : parce que nous ne vendons pas le bien et ne touchons aucune commission sur la transaction, nous n’avons aucun intérêt à accélérer l’achat avant que la fiscalité soit réglée. Un agent gagne à la signature ; nous gagnons à ce que la signature soit la bonne.
Vous ne serez pas le premier Français à faire ce choix
On estime à environ 3 000 le nombre de Français installés au Panama, et la communauté francophone — métropolitains, Antillais, binationaux — se compte en plusieurs milliers. Ce n’est pas une diaspora isolée : Alliance Française, écoles françaises et bilingues à Panama City, groupes d’entraide très actifs sur les réseaux, rencontres mensuelles. Pour qui hésite à franchir le pas, cette structure change tout : on arrive dans un réseau déjà constitué, pas dans le vide.
La répartition suit des logiques claires. La majorité des actifs et des familles vivent à Panama City, pour le dynamisme, les infrastructures et les écoles françaises. Les retraités et une part croissante des familles se tournent vers Coronado — station balnéaire « tout-en-un » à environ une heure de la capitale, avec cliniques, commerces et résidences sécurisées — et vers Boquete, dans les hauteurs de Chiriquí, pour son climat printanier et sa grande communauté d’expatriés. D’autres encore citent El Valle de Antón, niché dans un cratère volcanique, pour son climat tempéré. Le pays permet, selon la formule souvent reprise, une retraite ou une installation « sur mesure ».
Pour les retraités, la qualité des soins pèse lourd dans la décision, et le Panama rassure sur ce point : un réseau de cliniques privées modernes, en particulier à Panama City, avec des établissements régulièrement cités par les expatriés comme l’Hospital Punta Pacífica, affilié à Johns Hopkins, et l’Hospital Nacional. Beaucoup de médecins y sont formés aux États-Unis ou en Europe. Cette offre de santé, conjuguée à l’économie dollarisée et au coût de la vie inférieur à celui des grandes villes européennes, explique une part du succès du pays auprès des Français — au-delà du seul argument fiscal.
Cette réalité a une conséquence pratique pour qui achète : les zones prisées des francophones ne sont pas les mêmes selon le profil, et le bon choix de région conditionne autant la réussite du projet que le bon choix du bien. Un actif qui s’installe à Coronado en pensant y trouver l’animation de la capitale, ou un retraité qui vise Bocas del Toro sans mesurer l’éloignement, se trompent de carte avant même de se tromper de maison. Nous aidons à choisir la région avant le bien — c’est l’objet de nos pages régions.
Voir les régions où nous travaillons →La liste que nous recommandons
Avant d’acheter un bien ou de planifier fermement un départ, ces points devraient être clarifiés avec les bons professionnels — conseiller fiscal en France, avocat panaméen, et pour le bien, nous.
Exit tax
S’applique-t-elle à vos participations ? À quel montant, et peut-on l’organiser ? Avant le départ, avec le conseiller fiscal.
Fin de la résidence fiscale
Quand votre résidence fiscale française cesse-t-elle réellement ? Foyer, 183 jours, centre des intérêts économiques (art. 4 B CGI).
Visa & échéance
Quel programme ? Si investisseur : achat finalisé avant le 15.10.2026 pour sécuriser le seuil de 300 000 USD ?
Le bien lui-même
Titre, charges, limites, valeur — et conformité aux exigences du visa choisi. C’est notre part du travail.
Résidence et fiscalité, en clair
Combien faut-il investir pour la résidence ?
Investisseur : à partir de 300 000 USD en immobilier jusqu’au 15.10.2026, puis 500 000 USD (décret 193/2024), résidence permanente immédiate, conservation 5 ans. Pays Amis (France éligible) : ~200 000 USD en immobilier ou dépôt, 2 ans provisoire puis permanente. Pensionado : 1 000 USD/mois de pension (ou 750 USD + bien de 100 000 USD). Montants planchers, hors frais annexes.
Les revenus étrangers sont-ils vraiment exonérés ?
Au Panama oui, par la territorialité — seuls les revenus de source locale sont imposés. La résidence fiscale suppose en général plus de 183 jours ou un foyer permanent. Mais l’avantage ne joue qu’une fois la résidence fiscale française clôturée ; le permis de résidence seul n’y suffit pas.
Existe-t-il une convention fiscale France-Panama ?
Oui, signée le 30 juin 2011, conforme au modèle OCDE, couvrant les impôts sur le revenu avec échange de renseignements. Mais le Panama reste inscrit en 2026 sur la liste française des ETNC (art. 238-0 A du CGI), ce qui peut entraîner des mesures moins favorables malgré la convention.
Qu’est-ce que l’exit tax ?
L’exit tax (art. 167 bis CGI) peut imposer au départ les plus-values latentes de participations si le patrimoine en titres dépasse 800 000 € ou 50 % d’une société. Le sursis automatique vaut pour l’UE/EEE, pas pour un pays tiers comme le Panama. À régler avant le départ avec un conseiller fiscal. Nous ne sommes pas conseillers fiscaux et le signalons.
Le Panama est-il un paradis fiscal pour les Français ?
Il offre une fiscalité territoriale avantageuse, mais figure en 2026 sur la liste française des ETNC, et la convention de 2011 prévoit un échange de renseignements : le secret d’autrefois n’existe plus. Présenter le Panama comme un paradis sans impôt ni transparence est trompeur ; une expatriation préparée, déclarée et conforme reste possible et légale.
Au-delà de l’impôt : santé, retraite, prélèvements sociaux
L’expatriation ne se résume pas à l’impôt sur le revenu. Trois questions sociales reviennent systématiquement chez les Français qui s’installent au Panama, et les vendeurs de « paradis fiscal » les abordent rarement.
La protection santé
En quittant le système français, on quitte aussi l’assurance maladie qui va avec. La plupart des expatriés souscrivent une assurance santé internationale ou locale ; la qualité des cliniques privées panaméennes est réelle, mais elle se paie. C’est un poste de budget, pas un détail — à chiffrer avant le départ, surtout pour les retraités.
La retraite française
Une pension de retraite française reste généralement versée à l’étranger, mais ses modalités d’imposition et de prélèvements dépendent de votre statut de résident et de la convention. C’est précisément le genre de point que le conseiller fiscal doit cadrer — pas le vendeur du bien.
Les prélèvements sociaux
CSG, CRDS et prélèvements sociaux sur les revenus de source française (revenus fonciers, par exemple) suivent des règles propres pour les non-résidents, qui ne se confondent pas avec l’impôt sur le revenu. Beaucoup les découvrent après coup. Là encore, le bon réflexe est de les chiffrer en amont.
Nous ne traitons aucun de ces points à votre place — ce n’est pas notre métier, et nous le disons. Mais nous les nommons, parce qu’un projet qui n’a optimisé que l’impôt sur le revenu en oubliant la santé, la retraite et les prélèvements sociaux n’est pas un projet abouti. La vue d’ensemble vaut mieux qu’une bonne surprise fiscale assortie de trois mauvaises surprises sociales.